Camäléon

Le journal en ligne des élèves du Lycée Franco-Allemand de Sarrebruck

L’orthographe française, un vrai casse-tête !

L’orthographe: source de doute et d’erreurs (source: Pixabay)

« Quand ou quant ? » Voilà une des nombreuses questions que se posent tous ceux qui parlent ou apprennent le français. Et il y en a bien d’autres, de ces petits problèmes orthographiques qui vous gâchent la vie! L’orthographe française, ce n’est pas une chose facile, alors l’Académie Française a décidé de faire des réformes pour la simplifier. C’est pourquoi j’ai pensé à demander à Madame Yverneau et à Madame Crisetig ce qu’elles en pensent.

 

Camäleon: Les jeunes portent de moins en moins d’importance à l’orthographe, qu’en pensez-vous ?

Mme Yverneau:  Malheureusement, il n’y a pas que les jeunes qui accordent moins d’importance à l’orthographe. Je vois de plus en plus de fautes dans les journaux, sur les sites… Cela me fait très peur, parce que je trouve que la langue française fait partie du patrimoine français et cela fait partie des choses pour lesquelles j’ai envie de me battre, car je trouve que la langue française est une belle langue, de par sa complexité aussi, et c’est un bel exercice mental que de chercher à écrire une langue correctement.

Mme Crisetig:  Je trouve que tu as raison de dire cela, et ce qui fait beaucoup de mal et de tort, ce sont tous les SMS que les élèves s’envoient, et le fait qu’ils ne lisent presque plus, qu’ils passent leur temps devant les écrans, devant la télévision et devant l’ordinateur, devant des vidéos sur leurs téléphones…  Et moi je trouve que c’est dommage qu’on n’arrive plus à écrire correctement parce que le sens des phrases se retrouve complètement modifié quand on écrit un mot d’une façon ou d’une autre, donc cela altère la compréhension des phrases.

 

Camäleon: Est-ce que vous trouvez que les élèves ont de plus en plus de mal à apprendre les règles orthographiques ? Pourquoi ?

Mme Yverneau: Alors oui, en général, je pense qu’une des raisons principales est le manque d’attention, parce que pour se demander comment on écrit un mot ou comment on applique une règle grammaticale, il faut prendre le temps de le faire et les élèves ont de moins en moins de facilité à se concentrer et donc à être attentifs.  Moi, j’aimerais avoir des classes dédoublées avec la moitié des élèves de façon à pouvoir aider chaque élève en lui disant ″là, tu t’es trompé(e), parce que…″ et de travailler de façon plus individuelle.

Mme Crisetig: Eh bien je pense qu’il y a toujours eu des élèves en difficulté par rapport à l’orthographe, et ce n’est pas un phénomène nouveau, mais je pense que maintenant il y a plus d’élèves en difficulté. Alors d’une part, je crois, mais c’est mon analyse et je ne sais pas si elle est correcte, que cela peut être dû à un problème d’apprentissage de la lecture. Je pense que les méthodes de lecture sont en partie responsables de la maîtrise ou non de l’orthographe par la suite, donc les méthodes de lecture globales qui sont heureusement un peu passées de mode aujourd’hui ont fait beaucoup de mal. En outre, je pense comme je l’ai dit tout à l’heure, que si les élèves ont beaucoup de mal aujourd’hui avec l’orthographe c’est aussi parce qu’ils ont plus de mal à se concentrer, parce qu’on est dans une société de divertissements où on zappe sans cesse d’une activité à une autre, et cela ne favorise pas la concentration. Et puis comme je l’ai dit, les élèves lisent de moins en moins et sont de moins en moins confrontés à l’écrit mais plus à l’image et cela forcément, c’est au détriment de la maîtrise orthographique.

 

Camäleon: D’après vous, quelle est la raison des récents changements orthographiques (par exemple sur les accents circonflexes…) ?

Mme Yverneau : D’après ce que l’on en dit, c’est pour simplifier l’orthographe de façon à ce que le français soit plus abordable, plus simple, et d’après moi ce n’est pas comme ça que l’on doit faire.

Mme Crisetig: Alors, de la même façon, je ne suis pas une spécialiste mais je pense que la volonté des autorités qui ont fait cela est de simplifier la langue peut-être pour essayer de répondre d’une certaine manière à ces difficultés que rencontrent les élèves, donc je pense que c’était dans le but d’une plus grande simplification.

 

Camäleon: Que pensez-vous de l’idée de supprimer le passé simple dans les livres ou de supprimer l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir au passé composé ?

Mme Yverneau: Pour moi, c’est une idiotie parce que, et je reviens sur ce que j’ai dit avant ; pour moi apprendre la langue française, qui est une langue complexe au moment de l’écrit, c’est un exercice mental qui est important pour le développement de la mémoire et pour le développement du cerveau, et si on enlève cela, on simplifie tellement qu’à force de ne plus faire d’efforts on risque de tomber dans l’ignorance.

Mme Crisetig: Eh bien, dans les exemples que tu me donnes, je trouve que c’est une très mauvaise idée parce que le passé simple est un temps qui a toute sa raison d’être dans les récits, et donc mettre des « passé composé » à la place du « passé simple », moi cela me ferait très bizarre parce que ces temps n’ont pas la même valeur. Quant à l’accord du participe passé, avec l’auxiliaire avoir et l’auxiliaire être, je ne trouve pas qu’ils soient particulièrement compliqués à maîtriser, par contre, il est vrai que l’accord du participe passé des verbes pronominaux par exemple est très compliqué, donc là, l’idée d’une simplification ne me choquerait pas car si même les spécialistes doivent réfléchir plusieurs minutes avant de savoir comment accorder, cela me semble peu accessible.

 

Camäleon: Pensez-vous qu’à l’avenir, toutes les règles de français n’auront plus d’importance ?

Mme Yverneau: J’espère que non. C’est mon plus grand souhait.

Mme Crisetig: Alors là, pour cela il faudrait passer à une civilisation totalement orale, il faudrait simplement parler, ne plus écrire et encore, en parlant on respecte des règles de français, donc je pense que les règles de français et même quelle que soit la langue, les règles sont nécessaires pour que l’on se comprenne, car sinon chacun parlerait de n’importe quelle manière et la communication ne fonctionnerait plus. Donc je pense qu’il faut quand même des règles pour que l’on parle la même langue et que l’on arrive à se comprendre.

Camäleon: Merci d’avoir répondu à mes questions.

Voilà des réponses claires et argumentées sur le sujet. Et vous, lecteurs de Camäléon, vous êtes pour ou contre les réformes de l’orthographe française ?

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